Quand le boss ne respecte pas les droits de la femme enceinte…

Comme vous le savez probablement après avoir parcouru mon blog, avant d’accoucher j’étais Manager. J’occupais un poste que j’adorais, dans lequel mon travail variait de jour en jour, entre la gestion des clients, l’assistance au big boss, l’évènementiel, le marketing, la communication, les ressources humaines, la compta, bref, je jonglais entre plusieurs casquettes et c’était pour moi l’aboutissement de mon parcours professionnel atypique. J’aimais mon job et me donnais à 200%, multipliant les heures sup’, travaillant parfois le soir et le weekend et même en vacances ! C’est H. qui était content…

Puis je suis tombée enceinte ! C’était pour moi une nouvelle extraordinaire, ça l’était évidemment moins pour mon boss ! Il a même, dès le lendemain de mon annonce, appelé son avocat pour demander s’il avait des recours contre moi. Malheureusement pour lui, l’avocat en question était un ami, et en plus, la loi était de mon côté ! Du coup, du jour au lendemain, il a commencé à me mettre une pression terrible, remballant toutes mes propositions, etc. Je pouvais faire tout ce que je voulais, tout d’un coup, je ne faisais plus rien de bon. Cela a duré 3 mois.

maternite-travail

A 3 mois et 5 mois et demi de grossesse, j’ai organisé 2 gros événements qui m’ont tenue au travail jusque passé minuit, debout la plupart du temps, à courir d’un endroit à l’autre pour vérifier que tout se déroulait bien. Normalement, la loi interdit les heures supplémentaires pour la femme enceinte (voir lien en fin d’article). Mais je ne voulais pas « profiter » de mon état, donc je faisais mes heures supplémentaires, même si je rentrais à la maison épuisée (et avec de légères contractions dues à la fatigue).

Lorsque je prévenais que je devais aller à ma visite mensuelle, que je prenais le plus tard possible dans la journée afin de ne pas trop m’absenter, il me donnait des dossiers urgents à gérer juste avant de partir. Je me souviens avoir plusieurs fois travailler dans la salle d’attente de l’hôpital, et avoir même interrompu la gynécologue pour prendre un appel important !

Toute cette pression et ce stress m’ont conduite à avoir de fortes contractions régulières à mon 6e mois de grossesse. Après une visite chez ma gynécologue, il s’est avéré que je contractais bien mais que les contractions n’avaient pas d’effet sur le col. Ouf ! Mais par sécurité, à ce moment, elle m’annonce qu’elle ne veut plus que je travaille. Connaissant le phénomène (vieux loup de la finance, vous voyez le genre ?), je supplie presque ma gynéco de me laisser continuer à travailler. Elle me donne alors une seule semaine de certificat en me disant qu’on verra comment ça évolue.

J’envoie alors mon certificat, en précisant toutefois que je suis tout à fait disposée à bosser de la maison au besoin, pour les dossiers urgents ! La réponse ne se fait pas attendre : « Jessica, si tu es capable de travailler de chez toi, tu es capable de venir au bureau ». Euuuuh… non ! Donc j’ai purement et simplement pris mon certificat sans bosser. Fin de semaine, mes contractions ne se calment pas, donc je suis prolongée d’une semaine supplémentaire. Réponse de mon boss : « Veux-tu me nuire ? La grossesse n’est pas une maladie ».

Effectivement, la grossesse n’est pas une maladie ! Mais s’il y a contractions à 6 mois de grossesse, c’est qu’il y a un souci quand même ! Non ? Et puis, ni lui ni moi ne sommes médecins… Bref, après cet épisode, les contractions commençaient à avoir un effet sur le col qui se ramollissait gentiment donc je n’avais plus le choix : repos, et probablement pas de reprise du travail avant l’accouchement. Lors de cette dernière annonce, la réaction ne s’est pas fait attendre : je n’ai purement et simplement plus été payée !

Inutile de dire que mon « congé pathologique », puis mon congé maternité, n’ont pas été dénués de stress en raison de la situation. Par chance, tout s’est finalement très bien passé et mon schtroumpf est même né après terme ! Mais il était évidemment hors de question pour moi que je retourne travailler pour lui. J’ai donc démissionné à la fin de mon congé maternité, sans préavis, et commencé mon nouveau job directement !

Si j’ai voulu partager mon histoire, c’est parce que je réalise qu’il y a encore beaucoup d’employeurs qui ne respectent pas les droits de la femme enceinte. Or je ne sais pas, mais lorsqu’ils engagent une jeune femme qui a entre 20 et 35 ans, qui n’a pas d’enfants, il me semble logique qu’ils devraient se dire à un moment qu’une grossesse arrivera… C’est sûr que la situation ne doit pas être simple pour un employeur, qui a des frais pour son personnel, et qui devra palier à l’absence plus ou moins longue de son employée. Mais la loi est la loi. Je vous mets d’ailleurs en liens ce que j’ai trouvé à ce sujet :

N’oubliez pas, protégez votre grossesse, la loi vous protège !

Et vous ? Avez-vous vécu pareille situation ?

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