La première montée de lait

Je m’en souviens comme si c’était hier ! Du jour au lendemain, quand le schtroumpf avait 4 jours, mes seins ont triplé de volume, était durs, hyper tendus, sensibles au toucher, chauds et très douloureux. Ils ont même fini par être déformé et ne plus avoir cette forme bien ronde, mais plutôt carrée, tout bosselés. Lorsque je les ai observés dans le miroir, j’ai presque eu peur ! Heureusement, ma sage-femme m’avait prévenue avant mon accouchement : la montée de lait peut être très douloureuse, pas de panique, ça ne dure que quelques jours ! Pour ma part, 3 breast-feeding-1709705_960_720jours…

Mais c’est quoi, en fait, la montée de lait ?

Elle est déclenchée par la chute des hormones, que nous connaissons toutes après l’accouchement, due à l’expulsion du placenta. Cette chute d’hormones va alors permettre la libération de la prolactine, dont le rôle est de stimuler et mettre en place la lactation. La montée de lait, c’est donc le processus qui permet de passer de la production du colostrum, au lait transitionnel, puis au lait mature.

Alors là vous allez me dire « Quoi ? On produit des laits différents ? »… Hé bien, en gros oui ! A la naissance, nous produisons le colostrum. Certaines femmes en produisent déjà pendant leur grossesse (pour ma part j’ai commencé à avoir des fuites au 8e mois !). C’est le lait des premiers jours, jaune, épais. Il a un rôle anti-infectieux qui transmet les anticorps de la mère au bébé. Il a également un rôle sur la mise en route du système digestif du nouveau-né car il facilite le transit et permet ainsi l’expulsion du méconium, les premières selles.

Entre le 3e et le 5e jour généralement, la montée de lait se met en place. On a alors un lait transitionnel plus liquide et plus blanc. Deux semaines plus tard, c’est le lait mature qui est sécrété. Ces deux laits sont beaucoup moins riches en anticorps que le colostrum. Néanmoins, d’un point de vue nutritionnel, ils sont essentiels au bon développement du bébé. Ils sont notamment plus riches en lactose et en graisse, ce qui permet un bon apport énergétique et une prise de poids optimale. Ils contiendront également les anticorps de la mère (même si en moindre quantité en comparaison du colostrum), et permettront ainsi au bébé de s’immuniser.

Contrairement à certaines idées reçues, mis à part des cas particuliers de maladies rares, toutes les femmes, qu’elles aient donné naissance par voie basse ou par césarienne, peuvent allaiter, et ont donc cette fameuse montée de lait.

Comment soulager la douleur de la montée de lait ?

Premièrement, vous dire que ça ne durera que quelques jours et rester zen ! Ensuite il y a plusieurs astuces : prendre des douches chaudes et masser les seins sous la douche, exprimer un peu de lait manuellement pour désengorger tout ça, alterner avec des serviettes chaudes et froides sur le sein, etc. Si vraiment c’est intenable et que l’œdème est trop important, voyez avec votre conseillère en allaitement ou votre sage-femme pour prendre un anti-inflammatoire non-stéroïdien ou un anti-douleur qui seront adaptés pour l’allaitement.

Surtout, n’utilisez pas le tire-lait à ce moment. En effet, vous serez soulagée au moment où votre sein sera « vidé », mais le fait de vider le sein va stimuler davantage la production de lait. Et donc, on entre dans un cercle vicieux qui peut amener à des engorgements et mastites.

LA chose à faire pour soulager, c’est de mettre bébé au sein le plus possible ! Quand il a faim, mais aussi quand vous, vous n’en pouvez plus, n’hésitez pas à proposer le sein (même à un bébé endormi, il tétera par réflexe) !

Comment faire pour assurer une montée de lait optimale ?

Le contact mère-enfant est essentiel. C’est pourquoi il est recommandé de pratiquer le peau à peau dès la naissance, et le plus souvent possible par la suite. Quel superbe moment que ce premier peau à peau. Bébé posé sur votre ventre et votre poitrine, il finira même certainement par bouger sa petite tête à la recherche de votre mamelon, guidé par l’odeur du colostrum (la nature est bien faite n’est-ce pas ?). Cette tétée d’accueil, faite dans les 2 à 3 premières heures après la naissance si possible, permet également la bonne mise en place de la montée de lait. Il n’est pas nécessaire de se dépêcher et forcer la mise au sein. Votre schtroumpf aussi doit récupérer de ce long et éprouvant voyage qu’à été l’accouchement. Laissez-lui le temps, posé sur votre ventre, de se reposer, d’observer, de vous sentir, d’écouter votre cœur. Et de lui-même il se dirigera vers le sein quand il sera prêt. Profitez de ces instants magiques que vous ne vivrez qu’une seule fois, découvrez-vous l’un l’autre. Ces moments de douceur sont essentiels pour vous comme pour bébé.

Les premiers jours, évitez à tout pris les compléments de lait. Dites-vous que la nature est bien faite : bébé a l’estomac de la taille d’une bille, votre colostrum est produit en très petite quantité au départ. Une perte de poids physiologique est normale au début, comme expliqué ici. Le danger de l’introduction de compléments de lait est sur plusieurs niveaux :

– Bébé reçoit du lait sans effort, et peut se désintéresser du sein
– Bébé reçoit son lait au biberon et risque une confusion (risque énorme les 6 premières semaines, puis risque modéré tout au long de l’allaitement, après un seul comme après 1000 biberons)
– Bébé reçoit une quantité de lait supérieure à la quantité physiologique, son estomac se dilate plus que de nature, il a ensuite plus de mal à être rassasié au sein
– Bébé reçoit du lait sans stimuler le sein. Qui dit non-stimulation, dit baisse de production lactée

Il est tout à fait normal que votre bébé pleure beaucoup les premiers temps. Tous ses systèmes se mettent en route, parfois non sans mal (colliques, etc.). Le mieux à faire est de suivre votre bébé, de lui proposer le sein dès les premiers signes d’éveil, de le garder sur vous le plus possible, et de le rassurer, pour lui assurer une transition entre votre ventre douillet et la « vraie » vie la plus douce possible. Gardez en tête également que vous traverserez de nombreuses périodes de jours de pointe, surtout concentrées sur les 3 premiers mois, tout comme les fameux pleurs du soirs.

Il est normal que ces moments vous fassent douter sur votre capacité à allaiter. N’hésitez surtout pas à vous tourner vers une conseillère en allaitement, parlez-en à votre chéri pour avoir du soutien (c’est dans ces moments-là aussi que le papa a toute une place à prendre dans l’allaitement !).

Enfin, une seule règle, qui vaudra durant tout votre allaitement. Allaitez à la demande ! Les premiers jours, bébé risque de réclamer très souvent (après parfois les premières 24h très calmes). C’est normal ! Il passe en une fraction de seconde d’un milieu chaud et douillet, sombre, où les bruits sont assourdis, où il est nourri en permanence grâce au cordon, à un univers froid, très lumineux, avec beaucoup de bruit, et surtout, dans lequel il doit dépenser de l’énergie pour se nourrir et donc survivre ! Donnez-lui le sein à la demande, sans compter le nombre de tétée, sans chronométrer la durée des tétées. Ne vous posez pas de questions. C’est selon moi le meilleur conseil que je puisse vous donner pour une bonne mise en place de votre allaitement.

Je vous souhaite un magnifique début d’aventure lactée !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s