Notre première séparation

20190209_134334Comme je l’avais annoncé sur la page Facebook du blog, la semaine dernière, je suis partie en voyage seule, sans mon schtroumpf ! Six jours d’aventure au Canada pour faire une surprise à ma sœur qui attend à son tour un petit schtroumpf. Et malgré la séparation, je souhaitais maintenir mon allaitement, car il est hors de question d’arrêter pour l’instant vu que ça nous convient toujours à tous les deux. Alors comment faire ? Je vous explique tout ce que j’ai mis en place 😊

En amont

Depuis que j’ai préparé ma reprise du travail, je fais un stock de lait au congélateur que je renfloue régulièrement. Lors de mon départ, il y avait donc environ 4.5 litres de lait congelé. Aussi, mon schtroumpf étant diversifié, il boit moins de lait en journée : je pense que je n’aurais jamais osé partir si longtemps avant car la quantité de lait à prévoir aurait été faramineuse, sachant que selon la formule 150ml/kg/24h, à 6 mois il aurait eu besoin de 1200ml par jour ! Depuis la diversification, voici le rythme imposé par bébé :

  • 6h : tétée
  • 10h : tétée
  • 12h30 : repas + 70ml de lait tiré ou tétée
  • 15h30 : compote
  • 18h30 : bouillie de céréales avec 90ml de lait tiré *
  • 19h30 : tétée retrouvaille
  • 21h : tétée dodo
  • Tétées lors des éveils nocturnes qui varient de 0 à 3 selon les nuits

On estime généralement une bonne tétée du matin à 150ml. J’ai donc prévu 150ml de lait tiré pour chaque tétée. Soit un total de 600ml + 70ml à midi + 90ml avec les céréales, donc 760ml/jour. Ce qui fait un total de 4560ml pour 6 jours d’absence.

Les quantités de lait étaient donc prévues en suffisance pour remplacer les tétées. J’ai aussi cuisiné les différentes purées et compotes qui ont été stockées au congélateur également. Du côté de l’estomac du schtroumpf, tout était donc optimal !

De mon côté, j’ai embarqué dans ma valise en soute un tire-lait double pompage (Medela Symphony) reçu en prêt par une amie. Dans mon bagage cabine, j’avais mon tire-lait simple pompage (Medela Swing). J’ai préféré assurer mes arrières et en emporter 2 au cas où ma valise n’arrive pas à bon port…

Du côté de papa, il était plutôt zen, si ce n’est concernant l’endormissement du soir car ça fait 7 mois que c’est moi qui m’occupe de ça. Pour le reste, il a toujours été très présent pour notre fils, donc je ne m’inquiétais pas. Je lui avais laissé un petit mémo avec l’horaire-type de ses journées ainsi qu’un mémo avec tout le côté médical (quand donner du Perdolan, traitement pour les reflux etc.).

Jour du départ

Le jeudi matin, je décollais à 7h. On a donc éveillé le schtroumpf pour une petite tétée puis direction l’aéroport. Je ne vous cacherai pas que les au revoirs ont été difficiles. Je lui ai bien expliqué que maman partait en voyage mais qu’elle allait revenir. Et qu’en attendant il allait passer 6 jours supers avec son papa, entre mecs ! Je pense que verbaliser les choses est très important, aussi petit soit bébé. Et puis j’avoue que, une fois en route, la séparation a été plus supportable car je me réjouissais de revoir ma sœur que je n’avais plus vue depuis un an.

Au passage de sécurité, j’ai bien rit (intérieurement…) : j’avais donc mon tire-lait dans mon sac à dos, que je sors pour passer le contrôle. La contrôleuse le retourne dans tous les sens en me demandant de quoi il s’agit. Je lui explique que c’est un tire-lait car j’allaite encore mon bébé et que je pars quelques jours sans lui. Elle me regarde avec un air dubitatif et ne comprend visiblement pas de quoi il s’agit… Je ne lui jette pas la pierre, évidemment ! Mais cela m’a fait réaliser à quel point l’allaitement et tout ce qui tourne autour est devenu tellement méconnu dans nos sociétés actuelles. Triste constat…

20190208_103928Bref, j’étais tellement d’humeur joyeuse de retrouver ma sœur que je suis vite passée au-dessus de ce petit contre-temps (oui, finalement j’ai été autorisée à emporter mon tire-lait en cabine !). Premier vol jusque Francfort. Arrivée à Francfort, je souhaite tirer mon lait à l’aéroport. Un petit tour dans le hall des départs me fait comprendre que rien n’est prévu pour l’allaitement. Je trouve des toilette avec une pièce pour le change des bébés. Mais là je réalise qu’il n’y a aucune prise de courant pour brancher mon tire-lait… Ni une, ni deux, je remballe mon sac à dos et me met à courir en arrière vers l’espace hors taxes pour trouver des piles à mettre dans mon tire-lait. Une quinzaine de minutes plus tard, me revoilà aux toilettes, armée de mon tire-lait en état de marche ! Je me dirige vers l’espace bébé… Et la personne qui surveille m’arrête : je n’ai pas de bébé avec moi, cet espace m’est interdit. Je me dirige donc vers un WC pour tirer mon lait debout, appuyée contre la paroi. Vingt minutes plus tard, je ressors de la cabine WC avec un biberon de 250ml plein de lait. Je me fais dévisager par toutes les femmes présentes… En leur souriant, je jette mon lait dans l’évier et rince mes affaires. Regards interrogateurs, stupéfaits ou dégoûtés… Mais déjà on annonce l’embarquement de mon vol pour le Canada ! Je remballe mon sac à dos et cours vers la porte d’embarquement. Me voilà dans l’avion pour Montréal… Enfin !

20190207_161425Durant le vol, au bout de quelques heures, mes seins deviennent douloureux. Je vais donc trouver une hôtesse de la compagnie Air Canada pour lui demander où je peux tirer mon lait. Malheureusement, pas de miracle, ce sera dans les toilettes de l’avion. Cette fois il y a une planche pour refermer le WC, je peux donc m’asseoir et tirer mon lait tout en lisant. Une fois sortie de la cabine, une hôtesse m’attendait pour me proposer une bouteille d’eau et me poser des questions sur la raison de mon tirage. Nous avons alors discuté un peu et j’ai appris qu’elle aussi avait allaité sa fille. Chouette petit moment, un peu irréel !

Mon séjour

Arrivée au Canada après 11 heures de péripéties. Je tire encore une fois mon lait dans les toilettes du hall des arrivées en attendant mon beau-frère. Et puis, enfin, la surprise pour ma sœur : je débarque chez elle. Je vais évidemment vous passer nos petites histoires personnelles, et plutôt me concentrer sur la manière dont j’ai géré le maintien de mon allaitement durant le séjour sur place.

Le jeudi et le vendredi, j’ai eu besoin de tirer mon lait 5 à 6 fois sur 24h. Je tirais en moyenne 250ml sur les 2 seins, soit entre 1 litre et 1.25 litre par jour. Le samedi, en une fois, je n’ai plus eu autant de montées de lait. Peut-être 3 sur 24h. Mais les 3 tirages donnaient toujours 250ml. Le dimanche et le lundi par contre, la quantité tirée a drastiquement diminué : je remplissais environ 100ml par tirage. Le lundi soir, reprise de l’avion pour le retour en Belgique. Je n’ai pas ressenti le besoin de tirer mon lait durant le vol, ni pendant mon escale, donc sur une durée de 13 heures.

Et puis, enfin, atterrissage à Bruxelles ! Mon petit schtroumpf m’attendait dans les bras de son papa, et dès qu’il m’a aperçue, il était tout sourire. Un gros moment d’émotions pour moi. Pour lui, pas tant que ça ! Il était évidemment content de me voir, ça se devinait sur son visage. Mais je n’ai pas le sentiment qu’il ait eu un manque lors de mon absence. H. a géré comme un chef et le schtroumpf s’est senti bien tout du long. Ca a considérablement aidé à ce que je profite de mon séjour, je dois l’avouer 😊 J’ai pu voir bébé quelques fois sur Skype et c’était adorable : dès qu’il regardait l’écran, il riait en me voyant ! Mais en dehors de ces appels, il ne semblait pas plus perturbé que cela du fait que je ne sois pas là. Quelle chance nous avons que H. soit un si bon papa…

Le retour à la maison

De retour chez nous, tous les 3, enfin la tétée retrouvailles ! Sans doute la plus belle de toutes les tétées pour moi, après la tétée d’accueil à la maternité ! J’avoue qu’avant de mettre le schtroumpf au sein, je paniquais un peu : va-t-il se souvenir comment tétée ? Vais-je encore avoir du lait ?

Cette première tétée fut parfaite : j’étais gorgée de lait, et le schtroumpf se rappelait très bien du sein, il a suffit de voir ses yeux et son sourire lorsque j’ai dégainé !

C’est après que les choses se sont corsées… En effet, j’ai subi une très forte baisse de lactation ! Malgré une « baby moon » collés serrés et une mise au sein +++, je ne sentais plus aucune montée de lait, et j’ai vraiment commencé à paniquer lorsque le schtroumpf a moins mouillé ses couches… Signe évident qu’il ne recevait plus assez de lait ! Bien que la quantité de tirage au tire-lait ne soit absolument pas représentative de la production réelle de lait (la succion de bébé étant beaucoup plus stimulante que le tire-lait), le fait que je ne puisse plus du tout tirer de lait, voire maximum 20ml sur les deux seins, alors que depuis 7 mois je tire 100 à 150 ml sur un seul sein, m’a également fait paniquer… J’ai donc été à la pharmacie pour prendre du Galactogil, en soutien à l’allaitement. Le Galactogil est une poudre à base de fenouil, d’anis et de malte d’orge. C’est à prendre 3x par jour pendant 8 jours, en cure de soutien à l’allaitement.

J’ai souvent tendance à freiner la consommation de galactogènes lorsque cela n’est pas vraiment nécessaire. En effet, la prise de galactogène peut entrainer une surproduction de lait et donc des engorgements (et tous les soucis qui y sont liés), l’augmentation d’un REF, etc. Mais ça peut également avoir l’effet inverse à terme : le corps, habitué à recevoir une aide pour produire du lait, se repose sur ce soutien et ne garde pas la machine en action. Il y a donc un risque de mettre fin à l’allaitement lorsqu’on consomme régulièrement ce genre de produits. Toutefois, en cure ponctuelle, cela peut être d’un grand secours.

Ainsi, au bout de 24h, j’entendais à nouveau bien mon schtroumpf déglutir, et je recommençais à sentir mes montées de lait. Au tirage je ne donnais toujours rien. Mais j’étais certaine que nous allions vers un mieux. Par chance, il me restait des poches au congélateur ! Donc bébé n’a manqué de rien. Mais avant de lui donner le lait en stock, je le mettais au sein, pour stimuler ma production. Et entre 2 tétées, je tirais mon lait, même si je ne donnais rien. Après 2 jours, j’ai commencé à sentir une montée de lait à chaque fois que bébé était au sein, donc je recommençais à produire à sa stimulation. Les tirages augmentaient doucement : 50ml maximum sur les 2 seins. Après 3 jours, j’ai recommencé à sentir mes seins se gorger de lait après un temps trop long sans tétée. Et au 4e jour, je tirais à nouveau 150ml sur un sein, je sentais mes seins gorgés de lait, et j’avais même des fuites à gauche quand bébé tétait à droite et inversement. Bref, en 4 jours, ma lactation était revenue à son top !

Le secret n’a pas tant été le Galactogil que la surstimulation mécanique du sein et donc de la production. J’ai d’ailleurs arrêté le Galactogil dès le 4e jour et tout est rentré dans l’ordre.

20190215_100921Aujourd’hui, une semaine après mon retour à la maison, la vie est redevenue comme elle était, entre tétées bues goulûment par le schtroumpf et tirage de lait pour la crèche. En y réfléchissant, je pense que mon erreur aura été d’attendre de ressentir le besoin de vider mes seins pour tirer. J’aurais dû tirer d’office à intervalles réguliers, pour maintenir une bonne lactation. Comme on dit, il faut être pris pour être appris !

Bref, ce voyage m’aura fait passer par toutes les émotions : tristesse et appréhension de la séparation, joie de retrouver ma petite sœur, inquiétudes face au tirage du lait, bonheur des retrouvailles à Bruxelles et de la première tétée, panique face au manque de lait, détermination pour retrouver une bonne lactation, et soulagement que tout soit redevenu comme avant.

Alors si je peux vous lister quelques conseils pour une première séparation avec bébé, les voici :

  • Attendre les 6 mois et la diversification
  • Avoir un stock de lait suffisant
  • S’assurer que la personne qui garde bébé est de totale confiance pour vous apaiser quand vous êtes loin
  • Tirer votre lait de manière régulière, même si vous ne sentez plus la nécessité, et ce afin d’entretenir la stimulation
  • Utiliser un galactogène UNIQUEMENT pour une courte cure en cas de grosse baisse de lactation
  • Stimuler un maximum avec bébé au sein et le tire-lait, même si bébé est complémenté (avec votre lait ou du LA)
  • Croire en vous et en votre capacité à retrouver un allaitement normal
  • Croire en bébé et en sa capacité à stimuler votre lactation
  • Ne pas trop vous inquiéter si pendant 1 jour ou 2 bébé reçoit moins de lait, le temps que la machine se relance !

J’espère que mon témoignage au sujet de cette première séparation pourra vous aider si vous envisager de quitter votre schtroumpf quelques jours! N’hésitez pas à me faire part de vos témoignages également !

 

*Pour introduire le gluten, sous conseil du pédiatre, vu qu’il y a un terrain allergique avec l’APLV. Et pour information… NON ! Ça ne cale pas un bébé de donner des céréales contrairement à une idée reçue répandue ! La preuve ? Mon schtroumpf tete encore 2 fois juste après et se réveille encore régulièrement la nuit.

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