41 semaines

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Aujourd’hui, cela fait 41 semaines que mon petit schtroumpf est né ! Après avoir passé 41 semaines dans mon bidou…
Dès demain, il aura été présent dans nos vies plus longtemps qu’il ne l’a été en moi…
Alors pour célébrer ce passage, ce jour qui marque la fin d’une période extraordinaire et riche en découvertes, en émotions, en tâtonnements, en sourires, en pleurs, en moments de joies, de tendresse, de doutes, de questionnements, et d’amour… Je vous partage un texte extrait du blog  « Le petit monde de la famille Déjantée »
Parce que ce texte, affiché dans la salle d’attente d’un pédiatre, m’a profondément touchée. Parce que je m’y suis reconnue. Parce que j’ai dû (et dois encore) faire face aux remarques de l’entourage. Parce que parfois je me sens seule, fatiguée, à bout. Mais que tout ça c’est aussi tellement de bon, d’amour. 
Parce que j’ai été enceinte 41 semaines, et qu’aujourd’hui, je ne le suis plus depuis 41 semaines. Parce que j’ai dû apprendre à ne plus être enceinte, et que parfois encore, je galère…

 

Réapprendre à ne plus être enceinte

Le post-partum est le parent pauvre de la littérature de femme enceinte. Il suffit d’ouvrir n’importe quel livre dédié à la question pour s’en convaincre : à peine quelques lignes, parfois quelques maigres pages lui sont consacrées… à côté du pavé qui a été rédigé sur les neuf mois précédents.

Tout au plus, on vous apprendra à prendre soin de votre épisiotomie et que la date de votre retour de couche est aléatoire (surtout pour celles qui allaitent), on vous effraiera à la perspective de la chute de votre luxuriante chevelure de grossesse (qu’on vous vend au 3e mois pour vous remonter le moral en attendant que les nausées passent) et on consentira à vous pondre quelques lignes sur le baby-blues calibré de la mère parfaite (si possible avant la sortie de la mater, merci de votre compréhension).

Parce que, ne nous mentons pas,

Ce qui compte APRES la grossesse,

Ce n’est pas VOUS mais votre BEBE

 

Ah pour ça, des bouquins sur la croissance, l’éveil, l’alimentation, ça ne manque pas !!!

Mais alors sur le post-partum, RIEN

Toute fête se décline toujours en trois phases : celle des préparatifs, celle des réjouissances et enfin celle du rangement. Un bébé c’est donc :

9 mois de préparatifs

Au terme desquels on déballe dans les cris et le liquide amniotique dans la joie et la bonne humeur

LE cadeau

Suivis de

Quelques jours/semaines de réjouissance

Durant lesquels la famille et les amis admirent le divin enfant, et le couvrent de cadeaux

Durant lesquels on admet que la nouvelle maman soit fatiguée et ait besoin d’un peu de ménage/sieste/chocolat

Durant lesquels le nouveau papa en profite pour solder ses congés annuels en même temps que ses congés paternité afin de profiter comme il se doit de ces jours heureux

Enfin suivis de

La phase de rangement

Et là, ben c’est comme après ta première boom,

Y a plus personne

 

La nouvelle maman se retrouve donc seule avec son ventre mou, son nourrisson braillard, sa sciatique pas-tout-à-fait-remise et ses fuites urinaires.

Et là, le voile de merveille et de félicité – auquel elle était pourtant certaine de n’avoir pas succombé – se lève en une douloureuse prise de conscience :

Le sol de la cuisine colle, les toilettes sentent l’urine, ça fait des semaines que les enfants mangent du jambon-coquillettes (éventuellement décliné en knacki-riz), leurs placards regorgent de vêtements d’été en plein mois de janvier, le mari a des dizaines de paquets de copies en retard (je parle pour les femmes de profs, mais je suis sûre que c’est transposable aux autres !)

Et elle ?

Ben elle arbore toujours, trois mois après l’accouchement, ses pantalons de grossesse (pas uniquement parce que les kilos en trop se sont trop bien incrustés mais juste parce que le shopping n’est inscrit qu’en position 423 dans la liste des priorités)

Et comme si ça ne suffisait pas pour la déprimer, elle se rend compte que la chair de sa chair n’est plus l’adorable crevette de 3kg qu’on porte d’une main sur l’épaule et qui somnole le plus clair de son temps mais un énorme poupon de 8kg (enfin, j’espère sincèrement que les vôtres ont des proportions plus raisonnables !) qui attend un peu plus d’animation que la douce et paisible respiration de sa mère ensommeillée.

Dans ces conditions, toute femme normalement constituée arrive à épuisement complet des batteries entre le 3e mois et le 6e mois, le moment que choisit généralement son entourage pour lui suggérer (au choix) :

  1. d’arrêter d’allaiter (parce que ma pauvre, quand même, on voit bien que ça te fatigue)
  2. d’aller consulter un médecin (parce que ça serait bien que tu fasses des analyses, avec ton allaitement, ça m’étonnerait pas que tu sois carencée !)

Sans s’imaginer une seule seconde que la seule chose dont elle ait réellement besoin c’est d’une bonne grosse semaine au fond du lit (et ça, personne n’a jamais pensé à le mettre sur une ordonnance).

Ces remarques, qui peuvent paraitre anodines, ne sont en réalité que des manifestations isolées d’un mal bien plus profond :

Celui qui fait dire aux uns comme aux autres que la parenthèse enchantée (ou pas) de la grossesse a suffisamment duré et qu’il serait de bon ton que

Tout redevienne ENFIN comme avant.

Du genre :

Les aînés aimeraient bien que leur maman redevienne cette personne posée et disponible, toujours prête à aller au ciné, inviter un copain à dormir ou écouter pendant des heures des histoires à dormir debout.

Le mari aimerait bien que sa femme redevienne cette personne vive et pétillante n’ayant pas la libido d’une octogénaire et la mémoire d’un poisson rouge.

L’employeur aimerait bien que son employée revienne. Tout court.

Et puis la femme, elle, ben elle RÊVE de se faire une virée entre copines, un restau avec son homme, s’inscrire au yoga, aller à la bibli, prendre des cours de massage du nourrisson, monter son entreprise, ouvrir une école Montessori (enfin, juste après la sieste hein ?)… mais voilà, rien que la perspective d’avoir une lettre à aller poster l’épuise d’avance.

Alors là, les symptômes je les connais par cœur mais le remède, je ne l’ai pas toujours.

Prenez soin de vous, demandez de l’aide et surtout laissez vous du temps.

9 mois pour faire, 9 mois pour défaire

Au bas mot !

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