Etre une femme en 2019

Ou la difficulté de concilier les casquettes de maman, employée carriériste, mompreneure, femme, amie, fille, sœur…

Aujourd’hui, j’ai envie d’écrire mon sentiment d’injustice face à ma place de femme en 2019. Je ne fais pourtant pas partie du mouvement ultra féministe. Mais il est certain que tout particulièrement aujourd’hui, je me dis qu’il vaut parfois mieux être un homme…

Pourquoi ? Ceux qui ont suivi un peu mon histoire savent qu’il y a encore de cela 1 an et demi, j’étais Manager d’un business center. J’adorais mon métier, même s’il était très stressant et très prenant. C’est d’ailleurs suite à cela que j’ai été en MAP (menace d’accouchement prématuré) à 6 mois et demi de grossesse. Et que cet arrêt de travail prolongé m’a valu une belle bataille avec mon ancien employeur qui n’acceptait pas ma grossesse. J’ai fini par démissionner à la fin de mon congé de maternité et j’ai accepté un mi-temps d’assistante dans une grosse boite belge.

Redescendre les échelons ne m’a pas posé problème, au contraire. Ca m’a permis de profiter de mon fils malgré une reprise du travail à 11 semaines. Et ça m’a aussi permis de me lancer dans cette aventure incroyable qu’est le fait d’être mompreneure, de créer ce blog, et de développer mon 2e bébé : Well’naissance !

Mais il est certain que si j’avais été un homme, mon parcours en tant que Manager était tout tracé, et j’aurais pu devenir papa sans que cela n’impacte ma carrière. Mais bon, disons que j’ai pris cette partie de ma vie comme quelque chose qui devait arriver pour une bonne raison et que j’adore pouvoir accompagner les futurs et jeunes parents qui me font maintenant confiance. Avec ce changement de situation, j’ai trouvé un équilibre entre ma casquette de maman, ma casquette d’employée et ma casquette de mompreneure.

Evidemment, à ces casquettes il faut ajouter celle de femme : en plus de cette vie déjà bien remplie, je dois, comme à peu près toutes les femmes, ETRE une femme ! Cela consiste à prendre soin de moi, retrouver un corps acceptable après une grossesse, trouver du temps pour mon couple, reprendre rapidement une vie intime, tenir mon ménage en ordre, cuisiner de bons petits plats pour ma famille, gérer le budget, gérer les agendas, etc. Ben oui, si je sors un jour sans maquillage, on me trouve fatiguée. Juste après l’accouchement, on me disait que j’avais quand même pris un peu de poids, qu’il fallait faire attention. Un an après on me dit que j’ai perdu trop de poids, que je suis moche. Trouver du temps pour mon couple ? Suis-je la seule à trouver que ce n’est pas évident ? Je n’ai déjà pas de temps pour moi… Si nous avons fait 2 restos en amoureux depuis la naissance de notre fils c’est beaucoup. Et puis après tout, pourquoi ce serait toujours à la femme de devoir trouver du temps pour le couple ? Retrouver une vie intime rapidement… On l’a fait ! Mais ça ne nous empêche pas d’avoir des périodes sans. On est fatigués, je n’ai pas confiance en mon nouveau corps, il y a parfois des tensions liées à cette nouvelle vie, ça ne facilite pas les choses et ne donne pas forcément un climat adapté à des galipettes amoureuses. Chez nous, ça fonctionne plutôt bien malgré un rythme moins soutenu qu’avant l’arrivée du schtroumpf, mais je sais que pour beaucoup d’autres jeunes parents ce n’est pas le cas. Et qui blâme-t-on de nouveau ? La femme évidemment… Et si l’homme ne cherchait pas que le sexe de premier abord, mais simplement la proximité de sa compagne, être enlacés, avoir des gestes et des mots tendres. Ca aussi, ça fait du bien, et souvent, ça permet de se laisser glisser tendrement vers d’autres genre de câlins. Pour ce qui est de tenir le ménage et cuisiner, je dois avouer que j’ai un super partenaire qui me soulage beaucoup à ce niveau ! Mais je suis chanceuse, toutes les femmes ne le sont pas ! Parce que dans la société actuelle, qui se veut pourtant moderne et égalitaire pour les hommes et les femmes, c’est encore très ancré dans les mentalités que le ménage et la cuisine sont l’apanage des femmes…

Ajoutons à cela la casquette de l’amie… Je pense que j’étais une amie très présente, toujours la première à sortir, à faire les 400 coups. Et puis je suis devenue maman. J’ai été la première surprise de réaliser à quel point, contrairement à ce que je pensais, je n’étais pas du tout prête à être mère… Le manque de spontanéité dans les choses que je fais (comme prévoir d’aller prendre un verre en terrasse après le boulot sur un coup de tête) m’a beaucoup pesé les premiers mois. Devoir toujours tout planifier, ce n’était pas dans ma nature. Mais je suis devenue maman, et les priorités ont changé. Les amis qui comprennent cela sont toujours présents dans ma vie, même si je les vois peut-être moins. Ceux qui ne l’ont pas compris, malheureusement, ce sont éloignés. Peut-être comprendront-ils le jour où eux-mêmes deviendront parents ? Non, ce n’est pas simple d’accepter une invitation quelques jours à l’avance avec un bébé de quelques mois. Non, ce n’est pas simple de m’absenter un weekend entier. Oui, parfois j’annule en dernière minute à cause d’une poussée de fièvre ou d’un baby-sitting qui foire. J’essaie de rester une bonne amie, de dégager du temps pour les plus proches que j’ai, mais ce n’est pas toujours évident.

Parlons maintenant de la casquette de fille, petite-fille… Pas évidente celle-là ! Vouloir tout faire au mieux pour rendre les « ainés » fiers, mais avoir le sentiment de n’être jamais à la hauteur. Trop grosse, trop mince, cheveux trop longs, cheveux trop courts, l’air fatiguée (faut-il rappeler que je suis maman d’un bébé qui vient seulement d’avoir 1an, normal, non ?), allaite trop longtemps, porte en écharpe (c’est quoi cette mode ???), ne laisse pas pleurer alors que ça lui fait les poumons (mais si bébé pleure, eux le prenne à bras !), dort avec son bébé (au secoooouuuuurs, on l’a perdue définitivement…), le fait manger en morceaux à 8 mois (mais elle va l’étouffer !), et j’en passe ! Aujourd’hui j’ai décidé de moins me laisser atteindre, de continuer à faire les choses à ma façon car je vois que plus mon schtroumpf grandit, plus il évolue bien, plus il expérimente, prend son indépendance etc. Donc c’est que quelque part, ma façon de faire n’est pas mauvaise. Et ce qui compte, c’est qu’elle nous convienne au schtroumpf, à H. et à moi-même ! Pour le reste, je dois encore apprendre à me détacher du regard que certaines personnes portent sur moi, j’y travaille…

Enfin, la casquette sans doute la plus facile à porter : celle de sœur. Parce que j’ai une petite sœur en or, avec qui je ne suis pas toujours d’accord, mais ça ne nous a jamais empêché de rester soudée. Et puis la maternité nous a encore plus rapprochées. Car on suit toutes les deux notre instinct avec nos fils, et ce que je faisais, bien souvent elle le fait aussi, instinctivement. Et on réalise que même si on reste différentes sur de très nombreux points, on se ressemble aussi tellement. Probablement pour cela qu’on s’aime si fort. D’ailleurs ma puce, si tu lis ces lignes : sache que je t’aime petite sœur, et que tu es une maman extraordinaire. C’est notre maman qui aurait été fière de nous voir comme ça !

Mais pourquoi je parle de tout cela, vous allez me demander ? Hé bien parce que jusqu’à il y a peu, même si ce n’était pas simple, je jonglais entre ces différentes casquettes comme je le pouvais. Chaque chose était « à sa place ». J’aimais ce semblant d’ordre que j’avais petit à petit réussi à trouver entre ces différentes facettes de ma vie.

Et puis… avec H., après quelques semaines à aborder le sujet sans plus de précision, il y a quelques jours, nous avons décidé de relancer la machine pour un 2e petit schtroumpf (qui sait une schtroumpfette ?) ! C’était une décision grisante, on était heureux et excités (et un peu stressé aussi). Je devais appeler la gynécologue pour enlever mon stérilet, bref, nos plans étaient faits !

Et puis… alors que j’occupe un poste d’assistante, on m’a demandé d’organiser un GROS événement. Je me retrouve donc responsable de cette organisation qui va m’occuper jusqu’à l’automne 2020. Evidemment, une opportunité comme celle-là, avec les retombées que cela peut avoir, je ne me voyais pas refuser.

Oui, sauf que… Je ne peux pas accepter cela, puis m’absenter au minimum 3 mois en plein préparatifs ! Idéalement, je ne peux donc pas accoucher avant fin 2020 / début 2021. Je ne peux donc pas tomber enceinte maintenant ou dans les prochaines semaines.

Et là, je me retrouve face à un dilemme : ma vie de maman, ou ma carrière ? Parce-que je suis une femme… Je ne peux choisir les deux, au risque « d’abandonner » mon poste et de perdre tout ce que j’aurai mis dans ce projet.

Après discussion avec H., j’ai décidé de choisir la carrière, car cela peut amener énormément de positif dans nos vies pour les prochaines années. Je ne vais pas augmenter mes heures de travail, ce sont mes responsabilités qui changent. On repousse donc la mise en route du « bis ». Mais cette décision déchire aussi mon cœur de maman qui pendant quelques jours s’était préparé à un schtroumpf n°2 bientôt. Je m’imaginais avec mes 2 bébés qui auraient moins de 2ans d’écart et je trouvais ça idéal.

Bon, on y réfléchit encore, et peut-être que finalement, nous prendrons la décision de bébé 2 malgré tout… Vous voyez, quand je vous parle de dilemme…

Voilà, donc aujourd’hui, j’ai envie de dire à quel point je trouve injuste d’être une femme en 2019, de devoir choisir entre une grossesse et un travail. Jusqu’à présent j’ai réussi à concilier ma vie avec mes différentes casquettes, mais cette fois j’avoue, ce n’est pas simple. Je suis tellement partagée.

Aaah si j’avais été un homme, le dilemme ne se serait même pas posé ! J’aurais pu devenir papa pendant ce gros projet sans que cela ne porte à conséquence… Mais je suis une femme, et quand on est une femme, même en 2019, porter la casquette de « maman » en même temps que celle de « carriériste », ce n’est pas vraiment compatible…

3 commentaires sur “Etre une femme en 2019

  1. J’ai vraiment été captivé par ton article, pourtant à 21 ans, on pourrait penser que ca ne me concerne pas encore. Je me suis pourtant sentie en synchro avec tes sentiments que je trouvent vrais.
    Je pense qu’il est effectivement dur de tout allier dans une vie : garder une balance est difficile. Mais je vois que tu as beaucoup de soutient au niveau de ta famille, ce qui fait plaisir à lire !
    Je comprend ton envie d’avoir un deuxième enfant afin que l’écart d’âge soit court. Toutefois je pense que les deux petits loups pourront s’entendre même avec 3 ans d’écart ! Je te souhaite le meilleur et te suivrait pour savoir où tu en es !
    Bisous,
    Coline

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    1. Bonjour Coline!
      Merci pour ton commentaire 🙂 On n’est pas encore vraiment arrêté sur une décision, on a décidé de patienter quelques semaines et de voir comment se passe cette nouvelle prise de responsabilité professionnelle pour moi… C’est sûr que je suis chanceuse d’avoir mon chéri pour partenaire dans la vie (malgré des bas évidemment, tout n’est pas toujours rose!) et d’être aussi proche de ma soeur!
      J’espère de tout coeur que tu parviendras à trouver cet équilibre entre tes futures différentes casquettes!

      Aimé par 1 personne

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